0330 - Waves - Belgium 1989
0330 - Waves - Belgium 1989
Fin novembre 1989 des centaines de témoins se mettent subitement à signaler des ovnis au dessus de la Belgique. Cette "vague Belge" est arrivée par surprise, après des années 80 plutôt calmes en matière de signalements, comme le montrent les statistiques et graphiques ci-après.
Outre son caractère soudain cette vague est remarquable sur plusieurs points :
L'objet observé est le plus souvent triangulaire, doté à ses coins de 3 puissants "phares" qui éclairent violemment le sol. Il est vaste (plusieurs dizaines de mètres de base).
L'engin gigantesque n'atterrit pas et ne provoque pas d'effets électro-magnétiques sur les moteurs ou l'électricité.
Il se comporte comme s'il voulait être remarqué : il se déplace le long des routes ou survole les agglomérations, il répond aux appels de phare.
Il est silencieux, lent (50 à 70 km/h) et vole à très basse altitude. Il se manifeste généralement plus d'une demi-heure contrairement aux autres observations mondiales qui ne durent que quelques minutes.
Enfin, last but not least, cette vague a été dès le début prise au sérieux à la fois par les ufologues de la SOBEPS, association ufologique Belge fondée en 1971 par son secrétaire général Lucien Clerebaut, mais aussi par les autorités du pays, certainement soucieuses de cette violation caractérisée de l'espace aérien Belge. Submergés par des centaines de témoignages, les enquêteurs de la SOBEPS s'adonèrent à un travail sérieux de recensement et de classement, et s'entourèrent de scientifiques renommés (comme les physiciens Léon Brenig et Auguste Meessen, ou le chimiste Michel Bougard). Le tout en étroite collaboration avec la Force Aérienne Belge (FAB) et divers organismes officiels : Gendarmerie, Régie des voies aériennes, Ministère des Communications, Ministère de l'Intérieur, ...
Parmi les observations les plus connues ou remarquables du début de cette vague, citons :
29/11/89 : La soirée chargée par laquelle tout a commencé, avec notamment l'observation des deux gendarmes Nicoll et von Montigny près d'Eupen
30/31 mars 90 : Le point culminant de la vague. Après une longue détection d'un écho radar anormal, non imputable à des effets météorologiques, deux F-16 de la Force aérienne belge montent pour investiguer. Pendant une heure de vol, ils détectent également, à différentes reprises, des signaux radar très insolites.
1er avril 90 : prise des 4 photos "ratées" de Ramillies par des membres de la SOBEPS
4 avril 90 : Célèbre diapo de Petit-Rechain près de Liège, seule et unique photo de l'engin durant toute cette vague
Les médias ont aussitôt suspecté des appareils militaires plus ou moins secrets (AWACS, F117, B2, drônes, LoFlyte, ...) ; affirmations immédiatement et catégoriquement démenties par les autorités Belges et Américaines, mais en vain.
La SOBEPS demande le concours de députés européens d'origine belge afin qu'ils inscrivent les ovnis à l'ordre du jour des débats au Parlement Européen, pour que "les Douze" créent une commission en charge des ovnis. Debut 1991 la Commission de l'énergie décide d'instruire le dossier et parvient à la conclusion qu'une étude européenne des ovnis pourrait être envisagée avec quelque intérêt ... On sait ce qu'il est advenu ensuite (réponse : rien !).
Après une période d'accalmie mi-1990 les témoignages repartirent de plus belle début 1991. Le 12 mars plus de 200 personnes géographiquement éloignées constatèrent à des heures différentes, le même objet triangulaire monté sur deux étages. La Vague Belge battait son plein ; les observations n'en finissaient plus, les polémiques non plus. En octobre 1991, 10 scientifiques Belges faisaient paraitre un communiqué de presse stigmatisant la conduite non scientifique et "ufomaniaque" de la SOBEPS. La presse elle continuait à dénigrer tout azimut, et à marteler l'explication d'une méprise avec un prototype secret de type LoFlyte.
La "vague Belge" décroit en 1992, et s'est poursuivi jusqu'en 1993 voire 1994 avec quelques recrudescences passagères, mais aussi plus de cas douteux (notoriété et médiatisation obligent). Il est donc difficile d'en dater avec précision la fin.
En 1997, le Ministère de la Défense Belge annonça le classement de l'enquête sur cette vague car aucun élément nouveau n'a permis de remettre en cause les conclusions de la FAB sur l'impossibilité d'identifier la nature et l'origine des phénomènes observés.
Nous avons pour cette soirée du 29 novembre 1989 la chance de posséder deux échantillons distincts de signalements :
Les observations des gendarmes et agents publics du district d'Eupen et de ses environs,
Les observations de 7 civils, entre 17h30 et 18h00.
Comme chacun sait, la gendarmerie est un corps d'élite à la discipline militaire dont les représentants n'ont pas pour habitude de livrer leurs confidences et états d'âme à des "civils". C'est en l'occurrence un excellent filtre de non-contagion entre les deux échantillons. Or, l'on constate que les données de ces deux échantillons se complètent et se recoupent, parfois jusque dans les moindres détails.
Par ailleurs on trouvera un très long et très complet dossier sur les évènements de cette soirée, représentant plusieurs années de recherche et de débat, dans cet autre article du Pr Meessen : "Etude approfondie et discussion de certaines observations du 29 novembre 1989" (attention format PDF), paru initialement dans le N° 100 de la revue Inforespace (octobre 1997, 16-70), puis mis en ligne et réactualisé sur Internet en 2001.
Le Pr Meessen y réfute notamment de manière très approfondie et convaincante les explications avancées par les "sceptiques" : méprise avec la planète Vénus (défendue aprement par les sceptiques Wim Van Utrecht et Paul Vanbrabant), ou avec un ULM (Jaques Bonabot, dirigeant le GESAG, Groupement d'Etude des Sciences d'Avant-Garde).
Malgré tout, la polémique a rebondi fin 2005 sur la valeur de l'enquête du Pr Meessen, et sur l'explication de la seconde partie de l'observation, audessus de la Gileppe (Vénus ou pas Vénus), probablement à cause de la publication mi-2005 de mon début de dossier. On trouvera donc en fin de cet article une nouvelle réfutation des arguments "sceptiques" sur ce cas.
Il apparaît donc clairement que plusieurs "choses" inconnues ont longuement survolé à basse altitude la province liégeoise au cours de cette journée du 29 novembre 1989. Et que ces choses, qui n'étaient ni Vénus ni un ULM ni quoi que ce soit d'autre de connu de l'homme, restent "non identifiées" à ce jour.
C'est l'avis de tous ceux qui ont réellement enquêté ou investigué tels Michel Bougard, Franck Boitte, Auguste Meesseen, ou moi-même.
Chronologie des observations
Abréviations utilisées dans ce texte :
ALT (altitude) : altitude par rapport au sol.
ELO (éloignement) : distance estimée entre le témoin et le phénomène.
ABL : passage à la verticale (au-dessus) du témoin.
VIT (vitesse) : vitesse de déplacement estimée par l'enquêteur et/ou le témoin
Identité des principaux témoins militaires (classés par ordre d'entrée en scène) :
les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll, de la Brigade d'Eupen, agissant ensemble.
le gendarme Günther Justen, au poste frontière de Lichtenbush
les gendarmes Peter Nicoll (aucun lien de parenté avec le précédent) et Dieter Plumans, de la Brigade de Kelmis, agissant ensemble
le gendarme Albert Creutz (dont on peut lire le rapport interne ici)
le gendarme Willems Robert, de la caserne d'Eupen
l'adjudant gendarme Joseph Schmitz
le douanier Charles Nicolaes
Identité des 7 principaux témoins civils (classés par ordre d'entrée en scène) :
Monsieur X (officiel ville d'Eupen) et un collègue
Monsieur G. (technicien, Eupen)
Monsieur D1. (directeur d'école)
Monsieur D2. (surveillant dans une entreprise à l'entrée d'Eupen)
M. et Mme A.
Monsieur S. (brigadier des eaux et forêts)
Voici maintenant le détail chronologique des évènements.
Entre 17h00 et 17h30
Le gendarme Gunther Justen.
Il fait encore jour même si l'on se trouve en phase crépusculaire. Affecté au contrôle des passeports au poste frontière, il aperçoit "à 500 m de moi et une centaine de m. d'ALT, venant d'Allemagne, un objet volant insolite qui comporte 2 ou 3 phares très brillants allumés. Vitesse : 50-60 km/h." (VOB1,16).
ELO : 500 m ; VIT : 50-60 km/h.
Vers 17h20, alors qu'ils roulaient en patrouille sur la N68 vers Eynatten, les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll aperçoivent l'ovni pour la première fois. Et quel ovni ! Une immense plateforme triangulaire, avec trois feux à chaque angle et une lumière rouge clignotante au centre, éclairant la prairie en dessous plus fort qu'en plein jour (lors de la reconstitution pour l'émission "Unsolved Mysteries", des projecteurs d'une puissance totale de 140 000 Watts avaient été utilisés, et jugés encore "en dessous de la réalité" par les témoins !). Pour mieux visualiser l'impression qu'ont eu les témoins, voir figures 1, 2 et 3 -quelques vues d'artistes de l'ovni.
Cette prairie se situait à droite de la N68 quand on roule vers Aix-la-Chapelle, entre Kettenis et Merols. C'était derrière Libermé et en fait, un peu plus loin que le petit chemin qui mène à une ferme (Gut Luft), en face d'une croix de l'autre côté de la route. A cet endroit, on a effectivement une vue bien dégagée sur la prairie, située un peu plus bas. ALT : 120 m ; ELO : 130 m. Cet épisode célèbre est bien résumé dans cet extrait de l'article "Analyse et implications physiques de deux photos de la vague belge" par A. MEESSEN, Professeur à l'U.C.L., paru dans le N°100 de la revue Inforespace en 2000, et publié sur internet en 2001 :
Un cas mérite tout particulièrement notre attention, parce qu'il illustre des aspects qui joueront un rôle important dans la suite. Il s'agit de la plate-forme triangulaire que les gendarmes von Montigny et Nicoll ont découverte le soir du 29 novembre 1989, près de la route qui mène d'Eupen à la frontière allemande. J'ai mené une enquête sur ce cas en 1989 et je l'ai approfondie en 1997 [3, 4]. Pour visualiser un objet typique de la vague belge et les faisceaux (qui méritent une attention particulière), je reproduis un dessin, réalisé d'après la description des témoins (figure 6).
Cet objet se tenait immobile, à environ 120 m au-dessus d'une prairie, éclairée d'une lumière blanche, très intense. Elle provenait de trois grands phares, situés près des coins du triangle. En fait, les gendarmes voyaient trois " faisceaux lumineux ", formant des cônes dont les bords étaient bien définis et dont le volume intérieur était lumineux. L'air était sec, pourtant, puisqu'il avait gelé depuis le début de novembre dans cette région. Cela veut dire qu'il ne pouvait pas s'agir simplement de lumière, diffusée par des particules en suspension dans l'air. Ces énormes " phares " devaient produire une autre radiation, interagissant avec les molécules de l'air de telle manière que celles-ci émettaient de la lumière dans n'importe quelle direction.
Les gendarmes étaient très surpris, mais pensaient à ce qui leur semblait le plus normal. Serait-ce un nouveau type d'engin militaire? Ils n'entendaient pas de bruit venant de là, bien que c'était un objet de grande dimension, puisque la base, entre les coins coupés, avait une longueur de 30 à 35 m [5].
A 17h24 précisément, tout en roulant vers Merols pour attendre l'ovni sur le petit chemin qui mène de Merols à Raeren, ils alertent la caserne d'Eupen et demandent de prendre des renseignements auprès du camp d'entraînement voisin d'Elsenborn, sur la possibilité d'une manœuvre militaire. Cette demande leur est refusée, "c'est sans doute St Nicolas qui va atterrir" plaisante A. Creutz (SFS1,3, VOB1,23).
Vers 17h30, alors que les gendarmes voulaient devancer l’objet volant, pour se poster à un endroit où il aurait dû les survoler, l’ovni s’est arrêté et a fait demi-tour avant d’arriver à la hauteur du Eierhof ("ferme des oeufs"). Voyant la manœuvre de l'engin, von Montigny et Nicoll ont décidé de l'observer plus discrètement et plus à l'aise par rapport au trafic, en empruntant la Hochstrasse (route de crête), plus propice pour une bonne observation quasi-continue. Il y avait parfois des arbres et des maisons, mais l’objet était toujours facilement repérable. Les gendarmes ont quitté la N68 au carrefour Eierhof-Belven.
(SFS1,3, VOB1,17-18, INF95,17).
Ils regagnent leur caserne pour tenter de convaincre le responsable du dispatching, le gendarme Albert Creutz, que quelque chose d'anormal se promène dans le ciel.
Au même moment sur la N68, M. X. (exerçant une fonction officielle à Eupen), roule avec un collègue vers Eynatten en venant d'Eupen. Un peu au-delà de Kettenis ils voient un objet volant, doté de phares très puissants. Il avance lentement vers Eupen, à droite de la route N68 et assez près de celle-ci. Le conducteur pense qu'il doit s'agir d'un hélicoptère mais il s'étonne lui aussi de la lenteur du vol, de la très basse altitude et surtout des phares excessivement lumineux. Croisant l'objet il perçoit clairement trois faisceaux qui éclairent le sol et une forme triangulaire sombre se déplaçant pointe en avant. Un petit clignotant rouge clignote à fréquence constante entre 1 ou 2 fois par seconde.
Ayant rempli sa mission à Eynatten, le témoin reverra l'objet en le croisant dans l'autre sens (coté est de la N68 cette fois-ci), ce qui prouve que celui-ci se déplaçait très lentement.
A peu près au même moment (~17h30) M. G. (ayant des responsabilités techniques très importantes à la ville d'Eupen) se trouve à Nispert, une hauteur au Nord-Est d'Eupen. Il voit arriver de Kettenis un objet volant doté de trois gros phares brillants disposés en triangle qui passe silencieusement à 200 ou 300 m de lui.
Encore au même moment, M. D1., directeur d'école, voit "un peu après 17h15", alors qu'il range sa voiture, un objet de forme imprécise, doté de 3 ou 4 puissants phares blancs et d'un clignotant jaune-orange au milieu, se déplacer à 100 ou 150 m du sol et à 800 m de lui.
Toujours aux alentours de 17h30, M. D2., surveillant dans une entreprise, aperçoit par sa fenêtre, et venant de Kettenis, une lumière blanche extraordinairement intense silencieuse qui, en se rapprochant, révèle une surface plane portant 3 grands phares circulaires en triangle. La pointe avant est arrondie. Au milieu se trouve une petite lumière rouge qui clignote environ 2 fois par seconde. Le témoin estime la vitesse de l'objet à 60 ou 70 km/h et sa hauteur à moins de 200 m. Il est très impressionné par la largeur de l'objet, "massif et puissant" dira-t-il (wuchtig, en allemand).
Sortant d'un magasin de la rue Pavée à Eupen, M. et Mme A. voient un très grand objet volant avec des phares excessivement lumineux, en le prenant d'abord pour un gros hélicoptère, mais rejettent aussitôt cette hypothèse, en raison du silence absolu de son déplacement. En outre cet engin a la forme d'un triangle à pointe arrondie et coins arrières coupés. M. A. connait bien les AWACS qu'il observe souvent, ceci est autre chose. Si c'est bien le même objet que les observations précédentes, celui-ci a allumé d'autres lumières : 2 puissantes à l'avant, une plus faible à l'arrière.
L'objet s'incline en prenant un virage et en s'éloignant, révélant sa structure supérieure. L'objet est très plat mais surmonté d'un dôme. M. A. regarde sa montre il est exactement 17h30, l'observation ("très impressionnante") n'a duré que 45 à 60 s.
Entre 17h30 et 18h00, M. S., brigadier des eaux et forêts rentre chez lui en voiture et aperçoit un ensemble de lumières se déplaçant dans le ciel à environ 200 m du sol à environ 1 km de lui. Il distingue 4 ou 5 lumières pas très éclairantes formant un losange, et se déplaçant tellement lentement vers Membach qu'il trouve cela anormal. Ayant coupé le moteur et étant sorti de sa voiture le témoin constate que l'objet est totalement silencieux. Il le perd de vue après environ 1 minute.
Vers 17h45, von Montigny et Nicoll signalent par radio la présence de cet engin aérien étrange à leur caserne d'Eupen, tout en continuant à le suivre sur la Hochtstrasse (rue haute).